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vendredi 24 mai 2013

Georges Moustaki, le départ d'un Grand. (actualisé)

Un très grand de la chanson, un grand poète, un grand bonhomme tout simplement.

   


 L'an dernier j'avais vu sur France 5  l'émission "Empreintes" qui lui était consacrée. Une merveille de charme (ah ses coups d'oeil à la caméra quand il parlait d'Irène Jacob !), de poésie, d'humanisme. J'avais senti que cette émission était pour lui comme un testament, et je l'avais d'ailleurs vue au moins 5 fois en deux semaines ! L'ami Georges me manque déjà.

Et voici le billet de François Morel qui m'a fait pleurer :


vendredi 8 avril 2011

Je vole...

... vers d'autres cieux, pour quelques jours de détente et de généalogie.

Mais avant mon départ, je voulais montrer à Chic qu'il avait raison de se poser la question ! Oui je vole et en voici quelques preuves...


Dans les fjords de la Mer Baltique


A la sortie du port de Stockholm


à Saint-Malo


Aux Sept-Iles, au large de Trégastel (je sais, ce serait mieux sur fond bleu, c'est pas moi qui ai choisi :-)))




Quelques effrontées !


Un regard


Des adeptes des voyages organisés

C'est bientôt l'heure de mon départ....

Je vous serre tous dans mes ailes :-)


A bientôt !


LES OISEAUX DU SOUCI
Pluie de plumes plumes de pluie
Celle qui vous aimait n'est plus
Que me voulez-vous oiseaux
Plumes de pluie pluie de plumes
Depuis que tu n'es plus je ne sais plus
Je ne sais plus où j'en suis
Pluie de plumes plumes de pluie
Je ne sais plus que faire
Suaire de pluie pluie de suie
Est-ce possible que jamais plus
Plumes de suie... Allez ouste dehors hirondelles
Quittez vos nids... Hein ? Quoi ? Ce n'est pas la saison des voyages ?...
Je m'en moque sortez de cette chambre hirondelles du matin
Hirondelles du soir partez... Où ? Hein ? Alors restez
c'est moi qui m'en irai...
Plumes de suie suie de plumes je m'en irai nulle part
et puis un peu partout
Restez ici oiseaux du désespoir
Restez ici... Faites comme chez vous.

Jacques Prévert - Paroles

mercredi 9 février 2011

le temps de l'espérance

Suivre sa route....



J’ai ancré l’espérance
Aux racines de la vie

Face aux ténèbres
J’ai dressé des clartés
Planté des flambeaux
A la lisière des nuits

Des clartés qui persistent
Des flambeaux qui se glissent
Entre ombres et barbaries

Des clartés qui renaissent
Des flambeaux qui se dressent
Sans jamais dépérir

J’enracine l’espérance
Dans le terreau du cœur
J’adopte toute l’espérance
En son esprit frondeur.


Andrée Chedid 
Une salve d'avenir. L'espoir, anthologie poétique

 Gallimard  2004


... et prendre son envol...




lundi 7 février 2011

Le temps du dégoût

On est jeune et plein de rêves. On se lance dans des études qui concernent "l'humain" parce qu'on croit davantage en lui qu'en l'économie ou la finance et que notre intérêt pour un commerce quel qu'il soit est proche du néant. Au fil des années nos pas, qui ont traversé quelques provinces, nous ramènent vers une banlieue qu'on disait rouge quand elle n'était pas encore enflammée.

On y reste par goût, appréciant tant la relation aux autres, à cet autre pluriel, que l'indépendance du mode d'exercice.On s'y ancre ensuite par défi, contre vents bruns et marées médiatiques, pour défendre une certaine idée de la pluralité des idées, des couleurs, des langages.
Et on en arrive à ça et on n'a plus envie de rester ni de défendre quoi que ce soit...


*******

Parce qu'il n'y a pas que ça dans la vie, un salut à une grande dame disparue aujourd'hui

L'Autre
               "Je est un autre"  Arthur R.
À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Je recherche l’Autre
J’aperçois au loin
La femme que j’ai été
Je discerne ses gestes
Je glisse sur ses défauts
Je pénètre à l’intérieur
D’une conscience évanouie
J’explore son regard
Comme ses nuits
Je dépiste et dénude un ciel
Sans réponse et sans voix
Je parcours d’autres domaines
J’invente mon langage
Et m’évade en Poésie
Retombée sur ma Terre
J’y répète à voix basse
Inventions et souvenirs
À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Et je retrouve l’Autre.
Andrée Chedid 
(Poème inédit pour Le Printemps des Poètes - Éloge de l'autre - 2007)


jeudi 9 décembre 2010

C'est magique !


Le canal de l'Ourcq a perdu ses couleurs de l'automne et revêtu en quelques heures une parure blanche. Si je prends une photo du canal pendant la semaine (sous les yeux étonnés voire inquiets de nombreux passants pressés), c'est que je vais à Paris, puisque pour accéder aux quais du RER, on passe au dessus du canal... Mais pourquoi aller à Paris, vous demanderez-vous in petto, alors que tout le monde sait que les routes sont bloquées, les bus enneigés et les RER gelés ? C'est que j'ai rendez-vous...


.... avec Lulu, et pour l'occasion le gris et le blanc ont laissé place au bleu pur, au-dessus du Jardin du Luxembourg. Magique, vous dis-je :-)) Beaucoup de neige dans le jardin, beaucoup de glace sur les trottoirs, les balades parisiennes sont encore périlleuses. Alors on se réchauffe en papotant autour d'un café ou d'un chocolat... en attendant des nourritures plus consistantes. Et les jardiniers zélés, après avoir passé quelques heures à sabler les allées du parc, enfin nous ouvrent les grilles de ce petit paradis parisien, qui pendant toute la matinée n'était autorisé qu'aux mouettes et aux statues.

***********
Hiver
Le vent d'hiver dérange tout
Les Poisseaux
Les Oisons
La rivière dans les arbres
Le froid fait peur à tout le monde
Mais au cœur de la pierre
Il fait chaud
Et on entend une musique.

Paul Vincensini (Le Coffre à poèmes - 1984)


mardi 15 juin 2010

Chaalis en Roses

Les week-ends de printemps voient fleurir un peu partout en France les journées des plantes, les fêtes des fleurs, quelquefois modestes, comme celle des Irisiades d'Auvers, parfois devenues de véritables institutions comme  Saint Jean de Beauregard ou  Courson. Je ne connaissais pas les Journées de la Rose de l'Abbaye de Chaalis, que j'ai découvertes avec plaisir dimanche.

Des roses comme s'il en pleuvait... 


... mais aussi des hortensias de couleurs et de formes variées, très différents de l'hortensia d'origine qui orne les demeures bretonnes...


Et des clématites montant à l'assaut des pergolas ou des tonnelles, jusque dans la roseraie.


Dans le parc de l'abbaye, toutes sortes de fleurs... 


et toutes sortes de chats... à l'heure où les chiens vont boire ;-)


J'ai parcouru un peu rapidement l'Abbaye médiévale du XIIe siècle et la Chapelle aux fresques remarquables de Primatice, me promettant de revenir bientôt, hors Journées de la Rose. Le calme sied mieux aux visites des abbayes...



Et sur la route du retour, la magie d'un champ de coquelicots




Le champ de blé met sa cocarde
Coquelicot.
Voici l’été, le temps me tarde
De voir l’arc-en-ciel refleurir.
L’orage fuit, il va mourir,
Nous irons te cueillir bientôt,
Coquelicot.

(Robert Desnos, Chantefleurs, 1944-1945)

jeudi 22 avril 2010

balade, ballade, baladins


Je l'ai lu sur certains (de vos) blogs. Je le vis aussi... Pas trop l'envie de me pencher sur le clavier, une certaine tristesse, une certaine nostalgie peut-être m'envahissent et mon énergie me fuit. L'hiver fut trop long, les nouvelles trop tristes et j'ai envie de profiter de ce printemps si frais encore. Il faut pourtant consacrer l'essentiel des jours au travail, ce qui laisse peu de temps pour les escapades champêtres. 

Réfléchissant à cela ce matin, j'ai eu en tête, tout à coup,  cet air qui évoque pour moi autant la nostalgie que la recherche d'un ailleurs. Les paroles de cette chanson figuraient dans mon cahier d'adolescente, aux côtés d'autres plus bucoliques ("Ce petit chemin qui sent la noisette...") ou plus variétoches ("Tous les matins il achetait des p'tits pains au chocolat aïe aïe aïe")... J'ai eu l'occasion de voir Gilbert Bécaud à l'Olympia, dans les années 70. Il était encore "Monsieur 100 000 volts" à cette époque, pas encore le vieux beau un peu réac qu'il est devenu par la suite. Quelques moments inoubliables, comme souvent lors de ces concerts où le public transcende le spectacle pour en faire un moment de communion.

Puisque je n'ai pas le temps de faire une balade dans la campagne, je vous propose d'écouter la Ballade des baladins ;-)




La ballade des baladins
(Gilbert Bécaud)

Les baladins qui serpentent les routes


Viennent de loin parmi les champs de blé
Les bonnes gens regardent et les écoutent
Et les étoiles leur parlent de danser
Les vieux châteaux dressés du fond du moyen âge
Semblent guider leurs pas légers comme un matin
Et parmi les donjons perchés dans les nuages
Des princesses leur font des signes avec les mains
Mais les gars de vingt ans qui ressembl'nt à des dieux
Insouciants et joyeux parmi leurs rondes folles
Passent sous les donjons sans dire une parole
Ils ne regardent pas les bras tendus vers eux

Danse donc, joli baladin
C'est la ballade, c'est la ballade
Danse donc, joli baladin
C'est la ballade d'Arlequin
Les baladins qui serpentent les routes
Qui sont-ils donc dans leur costume d'or ?
Des vagabonds ou des dieux en déroute ?
Ils n'ont que des chansons pour seul trésor
Quand ils n'auront plus soif, ayant bu à la brume
Ils danseront pieds nus sur des fils argentés
Que cinq mille araignées tisseront sous la lune
D'une branche de houx jusqu'aux sapins gelés
Ils sont accompagnés dans la ronde divine
Par les enfants des rois aux longs cheveux bouclés
C'est un cortège bleu de mille mandolines
Où flottent un peu partout des voiles de mariée

Danse donc, joli baladin
C'est la ballade, c'est la ballade
Danse donc, joli baladin
C'est la ballade de l'Arlequin

C'est ainsi que l'on vit le plus grand mariage
De la fille du vent avec un arlequin
Mais tout cela n'était qu'un fragile mirage
Et je reste tout seul avec mes lendemains

Ohé les baladins
Vous partez ?...
Emmenez-moi.

samedi 13 mars 2010

C'est un joli nom, camarade



C'est une voix et un engagement. Je ne peux l'écrire à l'imparfait, je ne peux que choisir ses chansons et ses textes pour l'écouter encore. Une chanson pour la poésie et l'amour, une autre pour la fidélité à ses idées. Les deux registres lui conviennent tout autant, je ne peux sacrifier l'un à l'autre. Il va terriblement manquer à la France, qui oublie trop souvent d'avoir des convictions, et plus encore de les défendre. Et qui oublierait même si facilement de voter...





La Commune 
 Il y a cent ans commun commune 

Comme un espoir mis en chantier 
Ils se levèrent pour la Commune 
En écoutant chanter Potier 
Il y a cent ans commun commune 
Comme une étoile au firmament 
Ils faisaient vivre la Commune 
En écoutant chanter Clément 

C'étaient des ferronniers 
Aux enseignes fragiles 
C'étaient des menuisiers 
Aux cent coups de rabots 
Pour défendre Paris 
Ils se firent mobiles 
C'étaient des forgerons 
Devenus des moblots 

Il y a cent ans commun commune 
Comme artisans et ouvriers 
Ils se battaient pour la Commune 
En écoutant chanter Potier 
Il y a cent ans commun commune 
Comme ouvriers et artisans 
Ils se battaient pour la Commune 
En écoutant chanter Clément 

Devenus des soldats 
Aux consciences civiles 
C'étaient des fédérés 
Qui plantaient un drapeau 
Disputant l'avenir 
Aux pavés de la ville 
C'étaient des forgerons 
Devenus des héros 

Il y a cent ans commun commune 
Comme un espoir mis au charnier 
Ils voyaient mourir la Commune 
Ah ! Laissez-moi chanter Potier 
Il y a cent ans commun commune 
Comme une étoile au firmament 
Ils s'éteignaient pour la Commune 
Ecoute bien chanter Clément

vendredi 12 mars 2010

Hiver, vous n'êtes qu'un vilain...



Hiver, vous n'êtes qu'un vilain !
Eté est plaisant et gentil,

En témoin de Mai et d'Avril,
Qui l'accompagnent soir et main.
Eté revêt champs, bois et fleurs
De sa livrée de verdure,
Et de maintes autres couleurs,
Par l'ordonnance de Nature.
Mais, vous, Hiver, trop êtes plein
De neige, vents, pluie et grésil.
On vous dût bannir en exil,
Sans point flatter, je parle plain,
Hiver, vous n'êtes qu'un vilain. 

Charles d'Orléans

Les quatorzième et quinzième siècles connurent parait-il un mini âge glaciaire. Nous ne sommes pas encore en avril, et je sais bien que le froid est aussi indispensable aux plantes que le soleil et l'eau, mais...  j'ai besoin de fleurs et de couleurs. Parce que vraiment, hiver, trop êtes plein de vent, pluie et grésil, en ce moment (encore nous a-t-on épargné la neige, ici !). Si vous manquez aussi de fleurs, je vous les offre. Celles-ci sont de Giverny, au mois d'août dernier. 


Giverny au printemps, c'est ici.
Giverny en été, c'est là.
Et quelques autres photos des jardins ou de la maison de Monet, en cherchant "Giverny" dans la rubrique "on y parle de", colonne de droite.

mardi 9 mars 2010

Des photos pour rêver

Dans le message précédent (voir les commentaires), Marité m'avait demandé comment réaliser des pêle-mêles. Aujourd'hui, grâce à Françoise "Autour du Puits" qui a posé la question et à Anne-Sophie qui lui a répondu, j'ai appris à réaliser des collages superbes. Qu'elles en soient ici remerciées. Il ne reste plus qu'à faire des photos qui méritent cette mise en valeur ;-))



La Mer Baltique n'est pas aussi accessible en ce moment, d'après ce que j'en ai vu ! Les brise-glaces s'y cassent le nez...


L’appel du large


Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

dimanche 7 mars 2010

Le printemps des poètes "Couleurs Femmes"

Comme chaque année, l'arrivée du printemps donne l'occasion de célébrer la poésie. L'an dernier, le Printemps des Poètes se consacrait au rire. Pour 2010, des manifestations seront organisées partout en France, du 8 au 21 mars, sur le thème "Couleurs Femmes". 


Andrée Chedid sera plus particulièrement mise à l'honneur cette année. Mère de Louis et grand-mère de Mathieu, elle est à l'origine d'une lignée de poètes, chacun à sa manière.





L'espérance
J'ai ancré l'espérance
Aux racines de la vie
*
Face aux ténèbres
J'ai dressé des clartés
Planté des flambeaux
A la lisière des nuits
*
Des clartés qui persistent
Des flambeaux qui se glissent
Entre ombres et barbaries
*
Des clartés qui renaissent
Des flambeaux qui se dressent
Sans jamais dépérir
*
J'enracine l'espérance
Dans le terreau du cœur
J'adopte toute l'espérance
En son esprit frondeur.
Andrée CHEDID
Mars 2004 

samedi 27 février 2010

Chat joue

Un p'tit jeu pour les vacances. C'est joliment dessiné, c'est frais et c'est félin ! Ce petit jeu de mémoire n'est que le prétexte à voir de jolies animations félines.

Pour commencer, rendez-vous sur le site de Jackie Lawson.




Le chat et la lune


Le chat s'en allait ça et là,
La lune tournait comme une toupie,
Le plus proche parent de la lune,
Le chat rampant, leva les yeux.
Minnaloushe rampe dans l'herbe
De flaque de lune en flaque de lune,
Et là-haut la lune sacrée
Commence une phase nouvelle.
Minnaloushe a-t-il conscience
Que ses prunelles changent sans cesse,
Qu'elles vont du cercle au croissant,
Pour aller du croissant au cercle ?
Minnaloushe rampe dans l'herbe,
Solitaire, sage, important,
Levant vers la lune changeante
Ses yeux changeants.

William Butler Yeats

Yeats a reçu le Prix Nobel de Littérature en 1923.

vendredi 1 janvier 2010

Pour chacun de Vous...



... un petit message à écouter, en cliquant sur la flèche (en haut à gauche)





Un grand merci à Baladine, qui m'a permis de résoudre le problème technique.

mercredi 30 décembre 2009

L'amour en ronde


La valse  par Camille Claudel

La chaîne est arrivée chez Pomme, où elle s'est transformée en ronde,  après avoir voyagé chez Anne. Un tel thème ne peut être refusé ! J'ai choisi Jean Ferrat, d'abord parce que le Père Noël l'a déposé dans mes chaussons :-), ensuite parce qu'il est une bonne illustration de mon article récent sur "la voix". Enfin parce que cette chanson réunit Aragon et Ferrat et qu'elle parle de bonheur... Ce que je vous souhaite bien sûr pour 2010.



jeudi 24 décembre 2009

La Nuit avant Noël

noel



C'était la nuit de Noël, un peu avant minuit,
A l'heure où tout est calme, même les souris.

On avait pendu nos bas devant la cheminée,
Pour que le Père Noël les trouve dès son arrivée.
Blottis bien au chaud dans leurs petits lits,
Les enfants sages s'étaient déjà endormis.
Maman et moi, dans nos chemises de nuit,
Venions à peine de souffler la bougie,
Quand au dehors, un bruit de clochettes,
Me fit sortir díun coup de sous ma couette.

Filant comme une flèche vers la fenêtre,
Je scrutais tout là haut le ciel étoilé.


Au dessus de la neige, la lune étincelante,
Illuminait la nuit comme si c'était le jour.

Je n'en crus pas mes yeux quand apparut au loin,
Un traîneau et huit rennes pas plus gros que le poing,
Dirigés par un petit personnage enjoué :
C'était le Père Noël je le savais.


Ses coursiers volaient comme s'ils avaient des ailes.
Et lui chantait, afin de les encourager :
" Allez Tornade !, Allez Danseur ! Allez , Furie et Fringuant !
En avant Comète et Cupidon ! Allez Eclair et Tonnerre !
Tout droit vers ce porche, tout droit vers ce mur !
Au galop au galop mes amis ! au triple galop ! "


Pareils aux feuilles mortes, emportées par le vent,
Qui montent vers le ciel pour franchir les obstacles ,
Les coursiers s'envolèrent, jusqu'au dessus de ma tête,
Avec le traîneau, les jouets et même le Père Noël.
Peu après j'entendis résonner sur le toit
Le piétinement fougueux de leurs petits sabots.


Une fois la fenêtre refermée, je me retournais,
Juste quand le Père Noël sortait de la cheminée.

Son habit de fourrure, ses bottes et son bonnet,
Etaient un peu salis par la cendre et la suie.

Jeté sur son épaule, un sac plein de jouets,
Lui donnait l'air d'un bien curieux marchand.


Il avait des joues roses, des fossettes charmantes,
Un nez comme une cerise et des yeux pétillants,

Une petite bouche qui souriait tout le temps,
Et une très grande barbe d'un blanc vraiment immaculé.


De sa pipe allumée coincée entre ses dents,
Montaient en tourbillons des volutes de fumée.

Il avait le visage épanoui, et son ventre tout rond
Sautait quand il riait, comme un petit ballon.

Il était si dodu, si joufflu, cet espiègle lutin,
Que je me mis malgré moi à rire derrière ma main.


Mais d'un clin d'oeil et d'un signe de la tête,
Il me fit comprendre que je ne risquais rien.

Puis sans dire un mot, car il était pressé,
Se hâta de remplir les bas, jusqu'au dernier,
Et me salua d'un doigt posé sur l'aile du nez,
Avant de disparaître dans la cheminée.


Je l'entendis ensuite siffler son bel équipage.
Ensemble ils s'envolèrent comme une plume au vent.


Avant de disparaître le Père Noël cria :
" Joyeux Noël à tous et à tous une bonne nuit "


Poème de Clément Moore - 1822
(premier poème qui "met en scène" le Père Noël)