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mardi 17 décembre 2024

Bruxelles à Noël

 

J'ai découvert cette ville au printemps dernier, avec autant d'enthousiasme que d'étonnement, devant sa richesse historique et culturelle, sa diversité, tant dans ce qui demeure que dans ce qui a été sacrifié (la fameuse "bruxellisation" qui a fait des ravages un peu partout dans le monde depuis).
Aussi, c'est avec un plaisir non dissimulé que je me suis inscrite au voyage "Marché de noël à Bruxelles", organisé par ma ville.
En mars j'avais découvert la ville par la gare du midi, cette fois, je suis arrivée en car, par une sorte de "périf" qui m'a permis de redécouvrir les sites repérés au printemps. J'adore les cartes et les plans, je vous l'ai déjà dit ? Je les explore avant le voyage pour m'en imprégner et me repérer "a minima", et après le voyage pour retrouver mes découvertes et étudier, éventuellement, les erreurs de parcours que j'ai faites. C'est rare mais ça m'arrive 😃
En sortant de l'autoroute, on arrive par une banlieue dont le nom est connu en France surtout depuis 2015, Molenbeek. Je ne suis pas dépaysée, c'est à peu près le même cadre que la Seine Saint-Denis. Puis je reconnais le boulevard du Midi, la Porte de Hal. On passe au pied du Palais de Justice, ce monstre architectural qui m'avait tellement marquée lors de mon premier voyage, et que je n'aurai pas encore l'opportunité de visiter. Une prochaine fois, c'est sûr !
Après le quartier "Louise" (un peu l'équivalent de notre "Chatelet-les Halles" parisien) , on longe à gauche le palais royal, et à droite on aperçoit le parlement européen. Un peu avant le Jardin Botanique, un grand boulevard nous mène à la Cathédrale Saints-Michel et Gudule...
A partir de là, Bruxelles est à nous pour la journée, en toute liberté fort heureusement. Rendez-vous est pris pour le soir, devant Sainte-Gudule toujours.
Je vous laisse découvrir les quelques photos prises lors de ces déambulations, entre découvertes et repérages... pour une prochaine fois ! (vous pouvez cliquer sur les photos pour les voir en plus grand).


Cathédrale Saints Michel et Gudule


La Grand-Place



Vue merveilleuse sur la Grand-Place, et excellent repas au Paon.









L'impressionnant manège


La place de Brouckere. Pas d'omnibus ni de messieurs en gibus... Brel serait-il choqué de la voir dans cet état ?




Les Galeries royales Saint-Hubert






Gaufre et chocolat chaud obligatoires, toujours sur la Grand-Place, Brasserie Le Cerf cette fois.













jeudi 17 octobre 2024

Camille Claudel à Nogent - Sakountala

 

Retour à Nogent-sur-Seine ! Jolie petite  ville pas si loin de Paris (et facilement accessible en train) célèbre pour… son Musée Camille Claudel ;-) 
Dans mon enfance, c’est une ville que je ne faisais que traverser, pour aller à Troyes. Je me souviens d’une halte en pleine ville, et d’une grande boulangerie où les pains au chocolat étaient délicieux ! Désormais la rocade contourne la ville (on sait tous pourquoi – un grand panache de fumée est visible à plus de trente kilomètres). J’y suis allée quelquefois depuis l’ouverture de ce musée, en 2017. Et j’ai l’impression que la ville se fait plus vivante, plus pimpante. Elle mérite qu’on s’y arrête ou qu’on vienne jusqu’à elle : les grands moulins, l’église Saint-Laurent, le pavillon Henri IV, mais aussi les très nombreuses sculptures du cimetière !

Car Nogent est ville de sculpteurs ! Avant Camille, le plus célèbre était Alfred Boucher, connu pour être à l’origine de la Ruche à Paris (j’en ai déjà parlé ici, j’y reviendrai un jour car une exposition temporaire lui était consacrée cet été). Boucher a été le « découvreur » de Camille, son premier professeur et celui qui l’a présentée à Rodin.

Cet automne, l’exposition temporaire est consacrée à l’une des créations phare de Camille, la seule qui lui apporta une récompense au fameux « Salon »  en 1888, SAKOUNTALA. Cette œuvre (monumentale, à l’échelle de Camille Claudel) sur laquelle elle a énormément travaillé, écrit, espéré, est celle sur laquelle on dispose le plus de versions, d’études, d’analyses et de documents . L’exposition a pu être réalisée grâce bien sûr aux collections du Musée Camille Claudel, mais aussi des musées Rodin, Orsay, Chateauroux, de la Bibliothèque Nationale de France.

Camille a composé divers groupes très semblables, mais auxquels elle donnait des noms différents, ajoutant quelques variations, faisant varier aussi le matériau utilisé : plâtre, bronze, marbre…  Sakountala, l’Abandon, Vertumne et Pomone… Parfois une partie de sa sculpture l’inspire à nouveau et devient autre : La femme du groupe « Sakountala » devient « Niobide blessée ». Ou dans le groupe poignant « l’âge mûr » la jeune femme séparée du groupe devient « l’implorante ».

Le devenir de « Niobide blessée » est symptomatique du destin de Camille elle-même : le bronze commandé en 1905 est retrouvé au fond du bassin d’un parc privé,  à Toulon en 1984, dans un état déplorable.  Il faudra une longue restauration pour qu’il puisse à nouveau être présenté au public.

Les commentaires consacrés à Camille Claudel, sur les réseaux sociaux (y compris par exemple la page du Musée de Nogent) font, à mon sens, toujours la même erreur : sans connaitre vraiment son histoire, l’accent est mis le plus souvent sur le rôle de Rodin, qui l’aurait conduite à sa perte. Parfois aussi (plus modérément) sur l’indifférence de son frère.  C’est très loin de la vérité à mon avis. Comme souvent dans une situation si complexe, les causes sont multiples et la maladie mentale bien présente, qui emporta tout. Y compris beaucoup de ses œuvres, qu’hélas elle détruisit elle-même.


https://www.museecamilleclaudel.fr/fr/expo-sakountala?fbclid=IwY2xjawF_TiBleHRuA2FlbQIxMAABHf_edmUM_q9mOqxt4jvp1zaf2wjT1_XjhTDRwhnZNCF6mU0m1pheeQUwrw_aem_RzF444owufPxYI18sreNVQ



Un peu de lecture, au fil des ans 🙂 Il manque "le dossier Camille Claudel" de Jacques Cassar, que je vais recevoir. Ainsi que le catalogue de l'exposition de 2014 à la Piscine de Roubaix "Au miroir d'un art nouveau", que j'ai commandé aussi.
En revanche, je n'y fais pas figurer "Une femme" d'Anne Delbé, que j'ai relu récemment et qui m'a beaucoup agacée. Plus une fiction qu'une biographie.




Les sculptures les plus connues de Camille Claudel : La petite chatelaine, l'Aurore, Rodin, Paul Claudel


La valse... éternelle.


L'âge mûr.



Différentes études en terre, à droite, pour Sakountala.


Sakountala et ses différentes versions.


La mode des récits exotiques...


L'abandon - Les deux modèles qui ont le plus posé à cette époque pour Camille : Jasmina et Giganti.


Vertumne et Pomone
Niobide blessée


La statue retrouvée au fond d'un bassin en 1984...



4 versions différentes.

samedi 18 mai 2024

La maison Caillebotte, à Yerres

 Une fois de plus, la sortie proposée par la Société d'Etudes Historiques de Tremblay était appétissante ! La Maison Caillebotte est une propriété dotée d'un très beau parc, située à Yerres, dans l'Essonne, à quelques kilomètres de Paris... et quelques kilomètres supplémentaires de Tremblay. Nul doute que, quel que soit le mode de transport, le voyage était beaucoup moins long au temps de Gustave...

La famille n'en a été propriétaire qu'une petite vingtaine d'années , entre 1860, date de l'achat par Martial Caillebotte, père de Gustave, et 1879, date de la vente par Gustave et son frère Martial, après la mort de leurs parents et de leur frère René. Il s'agissait pour cette famille, comme pour toutes les familles bourgeoises de l'époque, d'avoir un pied-à-terre hors de Paris où elles résidaient habituellement, afin de se reposer tout l'été de la vie parisienne trépidante 😃
La maison a été acquise tardivement par la ville d'Yerres (pour un franc symbolique !!) et n'est ouverte au public qu'après de longs travaux de réhabilitation. Il ne s'agit pas ici (comme à Giverny) d'imaginer le peintre dans son domaine mais plutôt de restituer le cadre de vie des familles bourgeoises de la fin du 19e siècle. Le mobilier par exemple n'est pas celui de la famille Caillebotte, mais a été prêté par le Mobilier National.
Mais pour qui apprécie les Impressionnistes, cette visite fait partie des étapes incontournables, au même titre que Barbizon, Auvers ou Giverny. Avec cette touche supplémentaire que Caillebotte, en plus d'être un peintre de talent (il y a quelques petites toiles prêtées par les Musées ou des particuliers, dans ce qui fut son atelier, au dernier étage de la maison) fut aussi et surtout le mécène de nombre de ses collègues et amis : Monet est sans doute celui qui bénéficia le plus des largesses de son riche ami. Caillebotte s'est constitué une collection incroyable de dizaines d'oeuvres de ses compagnons : Monet bien sûr, mais aussi Renoir, Cézanne, Morisot, Degas, Sisley... Quand il savait l'un d'eux dans la difficulté, hop, il leur achetait une toile...
Ses largesses s'étendirent jusqu'après sa mort, puisqu'il légua à l'état français 70 oeuvres majeures de sa collection (liste après les photos), à la condition qu'elles soient toutes exposées (il ne voulait pas que les oeuvres de ses amis finissent au fin fond des réserves) au Musée du Luxembourg puis au Louvre. Avec la clairvoyance qui caractérise décidément tous nos gouvernements depuis la nuit des temps, la collection fut partiellement refusée !!! Seuls 40 tableaux, au bout de 3 ans, furent enfin acceptés et exposés... Les autres sont pour partie à l'étranger, en particulier en Amérique.
Un déjeuner délicieux fut pris au "Café Gustave", à deux pas de la maison. Il fallait bien ensuite une promenade dans le splendide parc, au milieu d'oeuvres d'art contemporaines, d'arbres remarquables (le cèdre immense à l'entrée), de "fabriques" comme l'orangerie, la chapelle, la glacière ou le kiosque.