dimanche 11 mai 2014

Baie des Brumes au Festival de Canes

Cette visite, je l'attendais depuis deux ans. Le Festival de l'Oiseau s'était déroulé sans moi l'an dernier, empêchée par des problèmes de santé. Alors cette année j'étais bien décidée à profiter de chaque minute,de chaque image... La météo, on le sait, n'a pas été clémente, et elle ne l'est toujours pas. C'est navrant pour les photos, ça ne l'est pas pour le plaisir qu'on prend à voir évoluer ces merveilles ailées.  Je ne sais d'où me vient cet amour des oiseaux, peut-être ai-je tout simplement le syndrome "Il est libre Max...." que certains ont vu voler, enfin c'est ce qu'on dit... Ou peut-être le syndrome Jonathan Livingston le goéland ("Exigez la liberté comme un droit, soyez ce que vous voulez être, découvrez ce que vous aimeriez faire et faites tout votre possible pour y parvenir"). Bref vous l'aurez compris, j'aime les oiseaux, j'aime les photographier, les voir évoluer, les entendre et peu à peu apprendre à les reconnaître.

La Baie de Somme,  qui accueille le festival de l'Oiseau  depuis 24 ans,  était couverte de brume quand je l'ai découverte. Les photos sont moins belles, mais elle est ainsi plus tranquille, les visiteurs préférant attendre quelque éclaircie ! Sur le parcours du Parc de Marquenterre, j 'entendrais souvent "Mais il n'y a rien, on ne voit pas les oiseaux".... Certains jours, il faut beaucoup de patience, et beaucoup de silence c'est vrai. Mais pour qui prend le temps, et ne parcourt pas les sentiers du parc au pas de charge, il y a beaucoup à voir, comme vous pouvez le constater !

Quelques Grandes Aigrettes, à la pêche puis en vol. En bas à droite, c'est un Héron Garde-boeufs, tout en haut de la héronnière. (Vous pouvez voir les photos en plus grand en cliquant dessus).


Sur la héronnière toujours, les Cigognes blanches au nid (depuis les cigogneaux sont nés),un Tadorne de Belon, ce gros canard à bec rouge qui fait son nid dans un terrier !, et un Héron prêt à s'envoler.


Je décerne la palme (!) du parent le plus attentionné au Foulque Macroule, qui nourrit cette petite horreur que la nature lui a donnée comme progéniture...  En haut à droite, une Gallinule poule d'eau. En bas à gauche, une troupe de Tadornes de Belon, tandis qu'au milieu se tient un Chevalier Aboyeur qui sera (il me semble) l'un des  rares limicoles que je verrai cette fois.



Sa majesté le Cygne Tuberculé, en son domaine du Crotoy. Tandis qu'en haut à droite, j'ai pu saisir un couple de Cygnes Chanteurs reconnaissables à leur gros bec jaune. Au milieu, la Grue cendrée du Parc de Marquenterre. Blessée, elle y reste toute l'année, pour le grand plaisir des visiteurs.


Il ne vous aura pas échappé que le printemps est la saison des amours, ce qui est très palpable au Parc et dans toute la baie ! C'est l'occasion de belles photos d'attitudes comme celle de ces Mouettes rieuses. Plus tard viendra la couvaison, ici celle de l'Avocette Elégante, en bas à gauche.  Mais l'une des photos dont je suis le plus fière, c'est celle qui est en haut à gauche : j'ai pu saisir le moment de la fraie des carpes, et dans toute cette agitation et l'eau qu'elles projettent, on aperçoit un oeil, exorbité ! Un grand merci à Philippe Carruette, le responsable pédagogique du Parc, qui me l'a fait remarquer. En effet tout au long du parcours, et dans chaque affût, ces cabanes aménagées pour qu'on puisse observer les oiseaux sans les déranger, des ornithologues et guides naturalistes nous orientent et nous font découvrir ce qu'on peine parfois à repérer soi-même.


Et puisqu'on parle d'amour, continuons avec cette jolie scène de séduction entre Avocettes Elégantes ! Tout commence tranquillement, puis après un simulacre de noyade, le fiancé très content de sa performance se met à marcher sur les eaux :-)  Je crois bien que j'ai résolu une énigme théologique !!


Quelques canards dont un curieux et un plongeur ...


Quelques vols de mouettes,  avocette, cigogne blanche, et même une Sterne (fond orangé)...


Quelques bavards...


D'autres espèces encore : un Grand Cormoran, la Sarcelle d'Hiver et sa "virgule" verte, et le Fuligule Morillon...


La Baie de Somme, c'est aussi la pêche à pied, les promenades en bateau dans la Baie au départ de Saint Valery sur Somme, et les chevaux, qui se laissent piétiner par un Héron Garde-Boeufs, qui se transforme pour l'occasion en héron garde-poney ! Tous les deux semblent s'en satisfaire. Et puis la Baie de Somme, c'est aussi les phoques. Et ce fut pour moi une petite déception photographique, parce qu'après 3 km de marche, on reste quand même très loin des phoques, et il faut beaucoup d'imagination pour voir dans la photo centrale, en bas, autre chose qu'un alignement de sacs poubelle  !




Si la pluie et la brume ont été très présentes, le soleil s'est montré tout de même, et ça tombait bien, c'était lorsque j'étais sur le bateau ... Place au festival "Impression soleil couchant" ;-)


Le jour de mon départ, il faisait froid, et il pleuvait vraiment beaucoup... Pas très gênant puisque j'avais prévu de terminer  par toutes les expos photos... Mais je ne pouvais partir du Crotoy sans aller faire une dernière visite au site de La Bassée (je crois !) le long de la route qui mène à Saint Firmin. Comme il pleuvait vraiment beaucoup, j'avais soigneusement rangé tout mon matériel photo.... Un premier passage les mains dans les poches, et je vois tout à coup un spectacle qui me fait revenir prestement à ma voiture et ressortir tout le nécessaire .... Le petit déjeuner de la Spatule Blanche ! Un petit regret cependant : obnubilée par cette spatule, et soucieuse aussi de mon matériel sous la pluie, je n'ai pas prêté attention au premier plan sur la dernière photo ! Et c'est rentrée chez moi que j'ai reconnu un Canard Souchet, au profil si particulier et au bec particulièrement long et large... mais il n'est pas net puisque ce n'est pas lui que je cherchais... Tant pis, j'y reviendrai !


J'ai vu beaucoup d'autres espèces lors de ces trois jours en Picardie. Pas les centaines de barges à queue noire que j'avais vues précédemment, ni les grands rassemblements de gravelots... Mais j'ai coché quelques autres espèces sur mon carnet ornitho, avec des photos qui ne sont pas assez belles pour que je les montre : vanneau huppé, Ouette d'Egypte, Huitrier pie, Mouette mélanocéphale... En revanche, je n'ai pas vu cette fois le merveilleux Eider, ni les bécasseaux.... Lors d'un prochain voyage, sûrement, ils seront là !


Afin de participer, de loin en loin, à la photo de la Semaine d'Amartia   voici le soleil se couchant sur la Baie de Somme.


dimanche 30 mars 2014

L'homme à la voiture rouge

Dans les années 60, sur les ondes de « Radio Luxembourg », « l’homme à la voiture rouge » passionnait les auditeurs.  Mon oncle Bernard, pour moi, c’était « l’homme à la voiture rouge ». Au volant de son Ondine toute neuve, je l’imaginais un peu aventurier, c'était pour moi le symbole de la liberté et de la modernité. En ce temps-là, il m'appelait "Souriceau", et de tous les surnoms qu'on m'a donnés, c'est le seul qui me plaisait ! Il parlait peu, mais il observait  beaucoup, et écoutait, toujours. Un regard, un clin d'oeil, on était sur la même longueur d'ondes, on se comprenait...





Des années auparavant, à la fin des années 20, Bernard était né à Troyes comme son frère Georges et ses sœurs Sylviane et Gilberte. 


Le sort a voulu que tous les 4 soient orphelins de mère très tôt, la science ne savait pas, à l’époque, soigner la tuberculose.  Les enfants furent séparés, les deux garçons confiés à l’orphelinat Audiffred, à Troyes, les deux filles, à peine quelques centaines de mètres plus loin, à l’orphelinat Saint-Martin-es-Aire. Ils se retrouvaient de loin en loin, à de rares occasions, ne voyaient leur père cheminot que trop rarement.




Sur ces  photos de colonie de vacances (publiées bien des années plus tard par l'Est Eclair), on ne rigolait pas avec la mixité ; pourtant en vacances sur la même plage, frères et soeurs étaient séparés : ma tante est en haut,  la petite recroquevillée,  jambes croisées en cinquième position. Ma mère, trop jeune, n'y figure pas.  Mes deux oncles sont comme les autres vêtus de maillots très seyants  : Bernard, très blond, est assis au deuxième rang devant le garçon qui croise les bras. On devine son frère Georges debout, le troisième en partant de la droite.


 L’orphelinat Audiffred fut pour les deux garçons, Georges et Bernard, le théâtre permanent de leur rivalité fraternelle enthousiaste. Très sportifs tous les deux, c’était à celui qui grimperait le plus haut dans les sapins du parc, prenant tous les risques, terminant leur escalade par quelques saltos arrière, sous le nez des surveillants, prêts à subir les remontrances et les punitions, jusqu’à la prochaine provocation !



Si les frères et les sœurs se voyaient peu, leur attachement ne s’est jamais démenti. Les jeunes adultes qu’ils furent bientôt se sont toujours retrouvés avec plaisir.  Bernard à ce moment-là travaillait dans les fermes, autour de Troyes, puis dans l’Yonne : Courgenay, Cerisiers,  sont des villages qui ont ensuite laissé des traces indélébiles dans nos familles.... le nom de ce blog en témoigne :-) ! 




Comme mon oncle Jean dont je vous ai parlé ici, comme son frère Georges, Bernard faisait partie de cette génération d’hommes aux mains d’or, ces ouvriers de l’excellence qui avaient pour diplôme leur amour du travail bien fait, leur extrême habileté, et leur grande exigence personnelle. 

Lors d’un voyage de retour de Troyes vers Beton, je lui avais demandé de me montrer les châteaux d’eau sur lesquels il avait travaillé… Il les a tous nommés, ceux qu’on apercevait au loin sur la colline, ceux qui étaient derrière un vallon ou dans le village, derrière l’église, racontant les anecdotes qui lui étaient restées en mémoire.  Et regardez bien, celui qui nous salue du haut du clocher, celui qui est au bord de la nacelle, c'est Bernard très certainement !



 Le travail est resté la grande affaire de sa vie jusqu’à la fin, puisque dans sa chambre d’hôpital, il donnait des ordres pour qu’on refasse ce pan de mur qui n’était pas d’équerre, ou les finitions de maçonnerie qui n’étaient pas à son goût… Et il voulait qu’on lui apporte ses outils…

L’un des chantiers de construction l’amena un jour en Seine-et-Marne, et tout naturellement, il demanda à prendre pension dans l’hôtel de ce petit bourg… C’était Beton Bazoches, et c’était l’Hôtel du Progrès. 




Une autre histoire commença, une histoire de tendresse, une famille recomposée à l'heure où cette expression n'existait pas. Une histoire qui fit que Bernard, qui n'avait pas d'enfants, eut pourtant une petite-fille. Une histoire qui fit que tous dans le village  connaissaient Bernard, et tous l'appréciaient.  Pas plus que ses soeurs et son frère, il n'avait l'habitude de parler de son enfance. Il fut sans doute étonné de me voir plonger dans ces recherches généalogiques qui m'amenèrent aussi bien à trouver le dossier de placement  de son père abandonné à Langres, qu'à retrouver la mère de celui-ci et toute une lignée... jusqu'au XVIIe siècle ! On voit  ici l'intérêt que portaient les anciens à mes recherches :-) 


Et c'est ainsi qu'un jour, il sortit d'un tiroir une toute petite montre d'argent, qu'il me confia : c'était la montre de sa mère, morte si jeune. Un objet d'une valeur inestimable, parce qu'il ne reste que deux choses ayant appartenu à ma grand-mère, qui est à jamais une jeune femme, une jeune mère que ses enfants ont à peine connue : une paire de boucles d'oreilles dites "dormeuses", et cette montre d'argent. Et ces deux témoins sont chez moi désormais.  J'ai eu conscience ce jour-là d'être celle à qui on transmet. Qui, à son tour, un jour,  devra transmettre.





La montre s'est arrêtée pour Bernard il y a quelques jours, "le plus gentil des hommes" comme l'a dit sa petite fille Valérie.

lundi 11 novembre 2013

Quand la bête devint la belle (actualisé)

C'est encore une histoire de chat, qui me ramène vers vous, après tant de mois de silence...


La première fois que je l'ai vue, j'ai cru que c'était une serpillière, oubliée contre les roues d'une voiture... Dans mon cerveau, quelque chose s'est allumé pourtant, puisque je me suis dirigée vers  la "serpillière" (ce que je ne fais jamais d'habitude, je vous rassure). Ce petit tas informe a bougé à mon approche, a relevé la tête, et j'ai reconnu un chat... Martyrisée, tondue, boitant, encore assez confiante cependant  pour s'approcher de nous, cette pauvre petite chose n'avait plus rien de la grâce féline que j'admire tant.

J'ai contacté immédiatement l'association féline que je soutiens désormais et dont je vous ai parlé lors de l'adoption d'Illya . J'ai réussi sans trop de difficultés à capturer ce chat pour l'emmener chez le vétérinaire, faire un "état des lieux" et trouver son éventuel propriétaire à partir de son tatouage. Surprise, le propriétaire en question était une autre association.... Difficile d'expliquer sereinement comment cette chatte s'est retrouvée dans cette situation, qui l'a tondue (et pourquoi, sinon par pur sadisme) assez violemment pour la blesser en de nombreux endroits,  qui lui a coupé les moustaches, qui l'a "jetée" ou renversée, créant chez elle une luxation des hanches....  

Il lui fallait une famille d'accueil, car ses jours (ses heures) sur ce parking auraient été comptés, et son avenir fort sombre. Ma fille s'est proposée dans un premier temps, puis mon fils prit le relais, heureux d'accueillir cette petite naufragée, rebaptisée Sushi. Au fil des jours, cette adorable chatte, toute gentillesse et douceur, goûte le plaisir d'un foyer tranquille et chaleureux, de contacts avec des humains qui ne sont pas des tortionnaires.

Et voilà la jolie chatte qu'elle est en train de (re)devenir... Si ses moustaches ont poussé assez vite, son poil, mi-long, n'a pas tout à fait sa longueur définitive, tandis que sa queue n'est pas encore le panache qu'elle devrait être. Elle boîte légèrement, mais a retrouvé toute l'agilité qui lui permet de grimper, sauter, jouer, elle ne semble pas souffrir. 




Bienvenue, SUSHI,  dans notre famille féline !

Cette dernière photo, la jolie Sushi couchée près de l'ordinateur, sera ma photo de la semaine, à l'initiative d'Amartia. Et je suis sûre que si je le demande gentiment, Norma  et Kali accepteront la candidature de Sushi au club félin ....



J'ai oublié le logo d'Amartia, et pour la peine, j'ajoute la photo du jour de Sushi !

samedi 15 juin 2013

La p'tite nouvelle aux Cerisiers de l'Aube

Il ne m'était pas très difficile aujourd'hui de trouver une idée pour la photo de la semaine ! Ceux qui me suivent sur facebook le savent, nous avons une nouvelle locataire...


Tout a commencé quand je suis allée, en visiteuse, voir les locaux de l'Association "Ecole du Chat Libre"... Bien sûr les chats y sont très bien soignés, ils ont eu quelquefois des vies épouvantables avant d'arriver dans "la maison des Mistigris", qui les soigne, les nourrit, les abrite en attendant qu'une famille se présente pour eux. Certains demeurent très sauvages, inadoptables, tant leur vie a été difficile. Mais beaucoup sont très câlins, ne tenant pas rigueur aux humains de ce que certains ont pu leur faire subir. On aimerait à tous pouvoir offrir la sérénité d'un vrai foyer.

Wilma, c'était son nom la semaine dernière, dormait au fond d'un panier moelleux, et je ne l'ai vue qu'au moment de partir... Coup de foudre immédiat, elle est venue  tout de suite vers moi, réclamant des caresses, frottant sa tête contre ma main... Bien sûr ce n'était pas raisonnable, j'ai déjà 3 chats et je n'étais pas venue, je le jure, pour en adopter un de plus... J'ai réfléchi, aidée dans ma démarche par les bénévoles de l'association, j'ai fait un sondage sur facebook (14 pour, 4 contre et un neutre !) et je remercie tous les participants ;-)

J'y suis retournée aujourd'hui, j'avais déjà trouvé un nom pour que de petit chat perdu, que la fourrière avait menée il y a deux mois à l'orée d'un bien  triste destin , elle devienne MON chat...ILLYA ! J'aime sa couleur, sa douceur, elle est très présente, câline et affectueuse. Pour le moment, elle découvre la maison et semble s'y sentir comme chez elle. Contrairement à ce que je pensais, c'est Nougatine qui l'a très bien accueillie, pas un poil dressé, pas une frisure de moustache, totalement zen la matriarche.  Douce en revanche gonfle son poil tant qu'elle le peut, crache et grogne... Déli se cache, s'énerve et fuit l'importune.... Patience, dans quelques jours sûrement, elles joueront ensemble.

Et voilà à la fois la 441e  inscrite au Kali's Club, et une photo de la semaine pour Amartia !
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Petit complément qui n'a rien à voir : si vous avez une page facebook et que vous ne connaissez pas encore la mienne, contactez-moi en message privé ;-)

vendredi 24 mai 2013

Journée Mondiale du Rangement de Bureau ;-) Echo à Lulu, Sophie et les autres

Une journée mondiale du rangement, et j'ai failli passer à côté.... Ce doit être un message subliminal ! Voici mon bureau, pas vraiment rangé, pas vraiment dérangé non plus. Mais ce doit être parce qu'il est si petit qu'en réalité ce n'est pas ici que je travaille. Il me sert en fait de "non rangement" supplémentaire !


A côté de l'une des bibliothèques, où sont regroupés les indispensables livres généalogiques, des copies de contrats de mariage à décrypter, des listes Hérédis à compléter, des notes à entrer dans le fichier, sous la surveillance bienveillante d'un chat,d'un toucan et d'un bouddha, d'une photo de Vincent Munier et d'un tableau de ma cousine Nicole. Autour de l'ordinateur, quelques collections, stylos, marque-page, ou instruments d'écriture... Un désordre qui me convient bien.

Georges Moustaki, le départ d'un Grand. (actualisé)

Un très grand de la chanson, un grand poète, un grand bonhomme tout simplement.

   


 L'an dernier j'avais vu sur France 5  l'émission "Empreintes" qui lui était consacrée. Une merveille de charme (ah ses coups d'oeil à la caméra quand il parlait d'Irène Jacob !), de poésie, d'humanisme. J'avais senti que cette émission était pour lui comme un testament, et je l'avais d'ailleurs vue au moins 5 fois en deux semaines ! L'ami Georges me manque déjà.

Et voici le billet de François Morel qui m'a fait pleurer :


samedi 4 mai 2013

Bilan du challenge de A à Z et... photo de la semaine !

Le bureau d'une généalogiste moderne ! C'est ma photo de la semaine pour Amartia.

Ainsi donc, le challenge généalogique organisé par Sophie Boudarel est terminé. Il nous aura occupés tout le mois d'avril, et plusieurs challengers ont déjà fait le bilan de cette aventure. A mon tour...

Lorsque j'ai repéré le défi de Sophie, courant mars, je me suis dit qu'un tel challenge n'était pas fait pour moi : j'ai du mal avec les obligations, notamment de calendrier, j'ai du mal avec le "long terme", j'ai du mal avec la rigueur et le systématisme que nous imposait pourtant ce défi... J'ai décidé quand même de participer, une façon comme une autre de remettre un peu de vie dans ce blog sur lequel je n'avais que peu écrit depuis un moment, une façon aussi de faire le point sur mes recherches généalogiques. J'étais loin de me douter que des obstacles inattendus se dresseraient sur ma route...

Comme tous les participants, j'ai d'abord réfléchi à ce calendrier, et cherché des thèmes pour chacune des lettres de l'alphabet. Je dois dire qu'aucune ne m'a réellement posé problème. J'ai même eu la surprise de voir réapparaître à cette occasion des souvenirs oubliés (pour le K de Kéfir par exemple !). Je m'étais promis d'avoir toujours un ou deux articles d'avance, programmés par précaution... Ce fut le cas jusqu'à une fameuse lettre T ! Au soir du T comme Troyes, le U de Usine s'est transformé en U de Urgences, et j'ai subi une cholécystectomie qui m'a éloignée de chez moi pendant une petite semaine. A mon retour, si la lecture était possible à petites doses, impossible de réunir suffisamment de neurones pour écrire... Rattraper mon retard a donc demandé encore quelques jours, jusqu'à ce double triplé  U + V + W, puis X + Y + Z,  qui m'a permis de terminer le challenge sur les chapeaux de roue !

Fidèle à ce que je suis, je n'ai pas cherché à donner de leçon de généalogie, à faire des démonstrations théoriques ou historiques : je me suis appliquée à mettre en mots la vie de quelques-uns de mes ancêtres, parfois très proches, essayant de faire passer l'émotion à travers la rigueur des recherches et la richesse des découvertes.... richesse qui peut paraître tout à fait futile ou dérisoire pour tout autre que moi ;-) ! Et quand je relis les quelques lignes consacrées à Augustine, Gaston, Marie Anne ou même Auguste, je me dis que mon pari à moi est réussi. J'espère vous avoir un peu intéressés à leur histoire.

Les points positifs (à mon sens) du challenge

- indubitablement la découverte d'autres domaines, d'autres univers généalogiques en France, mais aussi par exemple en Italie et au Québec et d'autres formes de recherches et de travail

- la collecte de lectures pour au moins toute l'année prochaine :-)) Avec plus de 1200 articles réalisés par un  peu plus de 50 participants, tout lire était une gageure. Même si je me suis appliquée à entrer un peu dans chaque univers, il me reste beaucoup à lire ! D'autant que certains participants ne nous ont pas facilité la tâche, en écrivant pas moins de 4 articles dans 4 blogs différents.... (élève Lulu, sortez du rang que je vous colle un coup de règle sur les doigts ! :-)))

- une prise de conscience que finalement, je ne me débrouille pas si mal que ça dans mes recherches. Même après avoir lu (3 ans après leur publication !) les questionnements méthodologiques de Maïween du blog d'Aïeux et d'ailleurs et de ses lecteurs, je me dis que finalement je fais une généalogie qui me ressemble, pas très rigoureuse sans doute, mais pas prise de tête, avec le plaisir de fureter, de se creuser la tête et parfois de trouver.  Avec aussi la volonté de transmettre et de raconter.

- l'envie de faire un domaine généalogique à part, dans ce blog. Non pas un autre blog (je pense aux lecteurs, qui ont déjà tant de mal à lire un blog ami, de loin en loin, donc si chacun les multiplie, franchement, je ne vois pas comment on pourra encore avoir des lecteurs), mais un lieu sur mon blog où tous les articles ayant trait à la généalogie seront accessibles directement. C'est déjà le cas à travers les libellés bien sûr, mais je vais préciser cela. 

- la découverte de "pearltrees" que je trouve génial (sauf pour s'y inscrire, je n'ai pas encore réussi !!) pour la lecture par thème : à tel point que dès que mon problème d'inscription sera résolu, je me créerai une petite page généalogie aussi !

- la réussite de mon petit challenge personnel dans le challenge : commencer chaque article par la lettre du jour. Je dois l'avouer, j'ai triché une fois ;-) : Xénaïde Beau n'existe pas ! Ses parents Edme Beau (Biot) et Aymée Hue sont mes sosas 592 et 593 et les frères qu'elle aurait pu avoir, Edme et Pierre sont tous les deux mes ancêtres.

Les points négatifs (à mon sens !) du challenge

- à titre personnel, j'ai l'impression que la généalogie n'intéresse que très peu mes lecteurs habituels, et j'ai ainsi perdu beaucoup d'entre eux, qui intervenaient régulièrement ici. Heureusement, il y a les irréductibles, que j'ai retrouvés avec beaucoup de plaisir tout au long de ce challenge et que j'embrasse.

- échec total de mon incursion dans twitter, qui ne sera (probablement) jamais pour moi un moyen d'échange réel. Et pour moi un RT (comprenne qui pourra) n'aura jamais la valeur d'un VRAI commentaire sur un blog.

- dans le cadre du challenge lui-même, un seul point négatif que j'ai déjà  signalé ici ou là : il y a eu vraiment très peu d'interactions sur les blogs des uns et des autres. Si les participants ont parfaitement rempli leurs devoirs d'écriture chez eux, très peu ont joué le jeu d'intervenir chez les autres, et je trouve ça fort dommage. J'ai vu que certains avaient comptabilisé scrupuleusement le nombre de visiteurs, les pourcentages en plus en moins ou en travers apportés par ce challenge... Et si on faisait des statistiques des commentaires écrits chez les autres  ;-) ? Ne serait-ce que pour montrer l'intérêt qu'on leur porte aussi. Et qu'on ne me dise pas que tout se passait sur twitter, pitié !! Les articles étaient écrits sur les blogs non (pour la plupart) ? alors ça me parait plus poli, quant à moi, de laisser une trace sur les blogs et pas chez un oiseau gazouilleur que finalement peu de participants ont lu de bout en bout... 

- Encore fallait-il pouvoir laisser un commentaire. Chez certains, adeptes de ceinture+bretelles, il fallait passer le cap des fameux et rédhibitoires Captcha, attendre éventuellement la modération, et parfois se voir refuser l'accès parce que "votre adresse est déjà utilisée par quelqu'un d'autre" (ah bon ??). Bref parcours du combattant à simplifier si VRAIMENT vous voulez des commentaires sur vos blogs ! 

Quant  à moi, j'en veux bien des commentaires ! Plus encore que le nombre de visites (dont je suis très satisfaite, voire étonnée, pour mon modeste blog - pensez-donc qu'à cette heure et pendant que j'écris, quelqu'habitant de Chine, de Russie ou du Japon lit des articles, ça m'épate !), ce sont les commentaires personnalisés qui m'enchantent. De la même manière qu'une liste de dates dans une généalogie sans âme ne présente que peu d'intérêt pour moi, un blog sans manifestation de lecteurs et lectrices me semblerait totalement décourageant !

Bilan plus que positif donc pour ce challenge. Et je remercie infiniment Sophie de nous avoir entraînés ainsi. A une prochaine fois, pour une autre aventure !


Note : j'ai tenté d'organiser, en bas de la colonne de droite de mon blog, une liste des blogs et sites généalogiques, notamment des participants au challenge. Je me suis servi pour cela des articles pearltrees. Je n'y ai pas ajouté les pages facebook, les forums,  ni bien sûr les twitters ! Si vous remarquez des oublis, merci de me les signaler, éventuellement en message privé.

Pour lire mes autres articles du challenge : Les Cerisiers de A à Z

Pour suivre tous les articles des challengers sur scoopit : Généalogie de A à Z

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Et merci à Amartia et sa ronde des Photos de la semaine





jeudi 2 mai 2013

X comme... XIV, Louis ; Y comme... Yonne ; Z comme.... zéro de conduite pour Auguste

X comme.... XIV, Louis

Xénaïde Beau vit à Vaudeurs en 1692, avec ses parents, Edme Biot/Beau et Aymée Hue, qui y sont laboureurs.

En cette année 1692, la paroisse est de "180 feuz" répartis en 19 hameaux difficilement exploitables. Et comme bien des communes du royaume, elle est écrasée par les impôts :


Le roi soleil, tout à sa grandeur, ne fait que peu de cas de ses sujets. Le curé de Vaudeurs envoie une supplique afin que les impôts soient réduits pour ses ouailles... Enfin ceux qui restent car il fait la liste de tous ceux qui sont morts de misère ou à l'armée, de ceux qui ont quitté le village poussés par la faim ou la recherche d'une meilleure condition.


Dans l'analyse qu'il fait de la situation en 1898, E. Drot compare la situation du royaume à celle qui est apparue avec "la Révolution immortelle"....



En écoutant les infos ces derniers temps, et en apprenant par exemple que quelqu'un qui peut s'offrir un appartement de plusieurs millions d'euros ne paierait pas d'impôts, je me dis que la République a encore des progrès à faire.

(extraits d'un fascicule "Misère d'une paroisse du diocèse de Sens sous Louis XIV" - 1898)
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Y comme Yonne

Ya-t-il un icaunais dans l'assistance ? Vous le savez maintenant, l'Yonne est le département d'origine de toute ma famille paternelle... au moins jusqu'à 1701 ! Voici quelques-uns des villages de mes ancêtres.

 Boeurs-en-Othe 

 Cerisiers

 Champlost

 Chichée

 Courgis
 Vaumort
 Vaudeurs

Villechétive

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Zéro de conduite pour Auguste

Zut, j'allais oublié Auguste ! J'ai commencé ce challenge avec le A de Augustine, la mère de mon grand-père maternel Gaston. Je vais le  clore avec un personnage tout aussi énigmatique pour moi, son frère Auguste Hyacinthe. Au commencement, je ne savais presque rien d'Augustine, sinon qu'elle vivait à Langres, rue du Grand Cloître, au moment où elle y a abandonné Gaston à l'Hospice de la Charité en 1901. J'en savais bien sûr encore moins sur son frère !


Les listes de recensement m'apprennent que vivent ici, outre ses parents, ses deux frères Jules 26 ans et Auguste 22 ans, ainsi que sa soeur Julie, 23 ans. De toute la famille, pourtant composée d'adultes, seul le fils aîné Jules semble exercer une profession, il est scieur de long, ce qui était aussi le métier de son père Charles. Les recensements de 1906 indiquent de plus que la famille est originaire de Marcilly en Bassigny.

Auguste Hyacinthe est né le 24 novembre 1878, et son acte de naissance nous apprend tout ce qu'on doit savoir des dates principales qui ont jalonné sa vie...



Les archives départementales de Haute-Marne ont mis en ligne les registres de recensement militaire ce qui me permet d'en savoir plus sur les deux frères. En fait je cherchais surtout des descriptions physiques, pour tenter un rapprochement avec les traits de mon grand-père.


Comme mon grand-père, Auguste est chatain clair et a les yeux gris (puisque depuis "la vie et rien d'autre" on sait que ce qu'on appelle les yeux bleu très clair sont en fait des yeux gris...). En revanche il est nettement "plus grand" (1 m 65 contre 1 m 52 pour Gaston), même s'il est beaucoup plus petit que la moyenne. Il a un tatouage au bras, ce qui à l'époque était sans doute très rare, et très caractéristique. Son degré d'instruction n'est pas précisé (sur la fiche de son frère, c'est le degré 3, qui correspond à l'enseignement primaire).


D'abord ajourné pour faiblesse (? il est censé être scieur de long, comme son père...), il est ensuite condamné plusieurs fois pour vagabondage. Puis affecté au Régiment d'Infanterie de Langres. Il fait partie des armées du nord et à ce titre participera à la campagne contre l'Allemagne.


Mais ma découverte la plus extraordinaire concernant Auguste, et peut-être même concernant toutes mes recherches généalogiques à l'heure actuelle, se trouve dans la colonne de droite du document ci-dessous. Elle indique toutes les adresses successives d'Auguste et de sa famille. Outre le fait qu'il a beaucoup déménagé (moins que moi cependant ;-)) une adresse me saute aux yeux. C'est la quatrième, en date du 28 juillet 1911 : Troyes, rue du vélo, n° 9

C'est à cette adresse que, 80 ans plus tard et sans rien savoir d'Auguste ni de sa famille, ma cousine Nicole a acheté sa maison....



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Ainsi s'achève ma participation au challenge de Sophie. Je suis ravie d'avoir trouvé des idées pour chaque lettre, et ravie aussi d'avoir réussi mon petit challenge personnel dans le challenge, qui était de commencer chacun des articles par la lettre du jour ! Ce fut un plaisir réel d'y participer, d'écrire ces articles, et de découvrir les univers des autres participants. J'ai encore beaucoup de retard de lecture, mais les articles m'attendront sur internet (enfin j'espère !).


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